Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Week-end Breton (partie 2)

Suite du "Week-end Breton (partie 1)"

 

Chapitre 2 : l'aveu

 

L. et Monsieur sont revenus dimanche en début d'après-midi. L. avait un grand sourire et plein de mots sur sa petite nièce. De mon côté, j'ai passé sous silence mon aventure avec madame R., je ne souhaite pas effrayer Monsieur. D'ailleurs, je perçois comme une tension entre eux deux, il paraît fatigué et un peu agacé. 

 

Nous décidons d'aller faire une petite promenade en mer sur leur voilier, leur dernière avant longtemps. Le malaise que j'ai ressenti se confirme : ils n'échangent que quelques mots. De retour au port, nous lavons le voilier à grandes eaux et l'amarrons solidement.

 

Puis nous allons dîner dans un restaurant près du port. L'atmosphère se détend quand L. et moi nous remémorons nos années lycée. Monsieur est un peu exclu de la conversation mais nous écoute en souriant. Toutefois, il finit par bailler. Il nous dit qu'il est épuisé par la route qu'il a dû faire pendant que L. dormait. 

 

De retour à la maison, Monsieur s'excuse et file se coucher. Je suis enfin seul avec L. J’attends ce moment depuis quinze ans et d’un coup je me sens très nerveux. Nous nous asseyons dans le grand fauteuil du salon, avec un verre de chouchen qui nous permet de nous détendre. Nous nous contemplons en silence pendant une minute, puis éclatons de rire.

 

Elle commence à parler :

 

"- Tu te souviens, juste avant les vacances de Pâques, de ton exposé d'histoire sur Pierre Mendès France ?

- Un peu, j’adorais l’histoire… Pourquoi tu me parles de ça ?

- Ce jour-là tu avais parlé devant toute la classe. Tout le monde se foutait de toi, car on s'en fichait de l'histoire. Mais tu étais resté stoïque, plus calme que le prof, et tu avais fini par captiver l'attention. Et moi j’avais fini par être suspendue à tes lèvres... Tu m'avais fait de l'effet. 

- Je ne l'avais pas remarqué. Faut dire que j'étais dans mon truc.

- Oui, même le prof était bluffé. Quand je suis venue te voir pour réviser, je ne voulais pas seulement réussir mon bac, je voulais aussi me rapprocher de toi. Mais toi tu ne l'as pas compris…".

 

J’ai l’impression de recevoir un coup dans l’estomac. Je n’arrive plus à soutenir son regard, j’ai presque honte. Je finis par bafouiller : 

 

"- A l'époque je pensais que toi, la plus belle fille du lycée, ne s'intéresserait pas à moi. Les filles en général ne s’intéressaient pas à moi… Alors toi, tu me paraissais juste inaccessible".

 

Elle poursuit : 

 

"- Lui... Quand on s'est quitté après les résultats du Bac, j'étais en train de tomber amoureuse, malgré ton indifférence. Mes parents n'ont pas voulu perdre de temps et m'ont obligée à partir en vacances. J'ai pleuré dans cette voiture alors que j'aurais dû être heureuse d'avoir réussi."

 

Mes yeux trahissent aussi mon émotion : 

 

"- Lui, j'ai voulu t'oublier... J'ai réussi à le faire pendant quinze ans. Et un soir où Monsieur était en voyage, ton image m'est revenue en tête. Tu me manquais, je voulais te revoir. Alors j'ai commencé à te chercher sur les réseaux sociaux. J'ai fini par retrouver tous nos anciens camarades de lycée. Tu sais que quasiment aucun n'a quitté la région ? Ils sont devenus cons, chacun avec une petite vie bien rangée, mais les mecs m'ont fait des propositions bien salaces."

 

Rires... Elle continue :

 

"- Pour toi j'ai eu beaucoup plus de mal, tu as coupé les ponts ?

- Oui, les années lycée ont été très pénibles pour moi, que de mauvais souvenirs, je n'ai plus aucun contact avec notre ancienne ville. 

- Quand j'ai refait ta connaissance, je t'ai observé longtemps avant de te dire qui j'étais. Tu as changé, tu as appris à parler aux femmes."

 

Elle se blottit contre moi.

 

"- Lui... je crois que ça recommence, à force de parler avec toi, je me rends compte que c'est toi qui devrais être avec moi."

 

Elle se tourne vers moi et m'embrasse, mais j'ai un mouvement de recul. Calmement, je lui parle de moi, de cette blessure secrète qui pèse à jamais sur ma vie : 

 

"- J'avais une vie normale, une femme, une petite fille, une maison. Tout pour être heureux. Mais un jour, ma femme est partie à l'étranger avec ma fille, sans me prévenir, dans une espèce de communauté religieuse. Je n'ai plus de nouvelles et surtout je n'ai plus le droit de voir ma fille...

- Pourquoi ?

- Une décision de justice de ce pays qui protège cette communauté. 

- Mais c'est monstrueux ! 

- Oui... Tu vois pourquoi je suis souvent triste ? Je n'en veux pas aux femmes, mais je ne veux plus m'engager, je veux rester libre pour ne plus vivre de rupture. Et puis il me reste cet espoir de retrouver un jour cette petite fille qui ne sait même plus que son papa existe, je veux être disponible pour elle, rien que pour elle. Donc non L., pour toi et moi il est trop tard... Je suis désolé."

 

Dans son regard, je lis beaucoup de tristesse et de déception. Nous nous étreignons et allons rejoindre nos chambres. Demain il faut partir, déjà...

 

Chapitre 3 : et...

 

Il est une heure du matin. Je suis allongé sur mon lit, juste vêtu d'un caleçon. Cette discussion m'a remué, je n'arrive pas à dormir. Pourquoi est-il trop tard ? Pourquoi ne pas avoir osé ? 

 

Brusquement, la porte de ma chambre s'ouvre : L. apparaît, habillée d'une chemise de nuit. Elle ferme doucement la porte et monte sur le lit. Je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit, elle est déjà près de moi et m'embrasse avec une telle ardeur, une telle conviction, qu'il est impossible de résister ! L., la plus belle fille du lycée, est dans mon lit.

 

Sa chemise de nuit est déjà à terre. Sa poitrine est magnifique et exquise, gonflée par le désir. Sa peau est très douce et embaume l'odeur de cette rose que j'aime tant. Je prends L. dans mes bras et la couvre de baisers. Nos deux bouches finissent par se rencontrer, enfin. Notre baiser a dû durer plusieurs minutes, impossible de desceller nos lèvres. Les siennes sont particulièrement douces et délicieuses.

 

Tout en dégustant mes caresses, L. tend ses mains vers la table de nuit et sort d'un tiroir un préservatif, puis en habille ma verge. Elle se blottit contre moi en me tournant le dos, je l'entoure de nouveau de mes bras... et la pénètre doucement. Je frissonne comme jamais je n'ai frissonné dans ces moments-là, j'ai l'impression de réaliser un rêve impossible. L. murmure de plaisir... Mes gestes sont très doux, lents et amples. Elle se contracte, rendant mes propres sensations encore plus agréables... Doucement sa chaleur monte. Tout se passe dans nos têtes.

 

Puis elle pivote vers moi, caressant mes joues et m'offrant un sourire que je ne connaissais pas encore. Elle m'invite de nouveau à lui faire l'amour, face à face... Nous ne sommes pas là pour faire des acrobaties, mais pour savourer cet instant... Et pourtant, notre plaisir est déjà à son paroxysme, notre complicité paraissant tellement naturelle. Le rythme s'accélère, nous amenant au bord de l'extase....

 

Je ressens soudain une pression sur mon épaule...

 

En me retournant, j'aperçois Monsieur, que j'avais complément oublié. Alors que je m'attends à une réaction vive de sa part, il est étonnamment souriant. Je ne comprends plus rien, mon élan a été brisé. Je m'allonge à côté de L., Monsieur s'allonge de l'autre côté. Elle nous embrasse chacun à notre tour, puis s'abandonne dans les bras de son compagnon, tout en caressant mon sexe. Monsieur commence à lui faire l'amour, elle est tellement excitée qu'elle pousse un cri qui semble le surprendre. Et, pendant quelques minutes, nous partageons un moment fort, lui en elle, elle me caressant, moi embrassant L.

 

Monsieur finit par craquer en premier. Chose amusante, je n'avais jamais vu le visage d'un homme qui jouissait. Mon propre orgasme est aussi bruyant. L. a été doublement comblée. Nous nous endormons tous les trois, terrassés par le plaisir et aussi la fatigue.

 

Chapitre 4 : par amour…

 

Le lendemain matin, la pluie est venue nous rappeler que le week-end était fini. Nous nous réveillons vers 8 heures. L. et moi échangeons un dernier baiser alors que Monsieur dort encore. Puis nous nous levons, car il est temps de se préparer, leur avion décolle de Paris en fin d’après-midi.

 

En attendant que L. prenne sa douche, Monsieur vient enfin me parler : 

 

"- Je pensais partir seul pour l’Australie aujourd’hui. Je suis vraiment heureux qu’elle m’accompagne finalement. 

- Je voudrais comprendre ce qui se passe entre vous.

- Il y a plusieurs mois, notre vie amoureuse est devenue très tendue. Cette envie d’enfant avait fait disparaître le plaisir, tout était devenu mécanique. Et un soir, j’ai trompé L. avec une femme rencontrée lors d’un colloque. Cette relation a duré plusieurs semaines mais j’ai fini par me faire surprendre. L. ne m’a pas quitté mais s’est tournée vers les réseaux sociaux, comme une échappatoire à sa vie. Lorsqu’elle t’a retrouvé, ta présence est devenue tellement réelle dans notre couple… Elle ne me parlait plus beaucoup, elle semblait avoir trouvé en toi plus qu’un confident.

- Je suis désolé…

- Ce n’est rien, en un sens je l’avais mérité. J’avais accepté que tu viennes ce week-end et je m’étais préparé à ce que L. me quitte. Je préférais la voir heureuse avec un autre que malheureuse avec moi."

 

Je manque de m’étouffer avec mon café. Il continue :

 

"L’accouchement de sa sœur a tout accéléré. Nous avons quasiment rompu durant le trajet retour, c’est pour ça que je m’étais effacé hier soir. Lorsqu'elle est revenue dans la chambre, elle a beaucoup pleuré. Elle m’a parlé de votre conversation, de ton refus de partir avec elle. Et c'est moi-même qui lui ai dit de te rejoindre, juste pour fermer ce chapitre."

 

Et dire que je le trouvais effacé, voire même un peu rigide... 

 

"- Toi tu es un mec haut de gamme. J'espère que vous allez être heureux..."

 

Leur avion est parti à l'heure...

 

EPILOGUE

 

Un an plus tard, je suis de retour chez mes amis. Cette fois-ci, je suis invité pendant une semaine, j’ai du temps désormais. Dans cette maison, quelque chose a changé : un petit garçon est né il y a trois mois, il porte mon prénom et je suis son parrain. Lorsqu'il m'a vu, il est parti dans un grand éclat de rire, son tout premier. Ce petit bonhomme a été conçu, L. en est convaincue, durant cette nuit d'il y a un an. Mais c’est bien Monsieur le père et j'en suis très heureux.

 

Je suis venu signer un acte officiel qui fait de moi son tuteur légal en cas de disparition de ses parents. Ses parents me l'ont même confié pendant deux jours, je voulais qu'ils redonnent vie à leur voilier et qu'ils se fassent du bien. Quant à moi, ces deux jours en tête-à-tête avec ce petit gars m'ont fait un bien fou. Et j'avoue qu'il m'a involontairement aidé à... Chut c'est un secret !

 

#Lui, le 05/12/2014

Corrections par Ozalide.net


06/12/2014
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La nouvelle ELLE entre en scène (suite)

Suite de La Nouvelle Elle entre en scène

 

15h – Place Jean-Paul-Riopelle

 

Après avoir pris une douche ultra-rapide et avoir revêtu à la hâte quelques vêtements confortables, je saute dans un taxi pour le rejoindre. Alors que la voiture approche du lieu de rencontre, je l’aperçois assis sur un banc, seul, l’air absorbé dans ses pensées. Je descends et prends mon temps pour l’observer. Ses vêtements sont froissés. Je le trouve négligé. Je suis un peu déçue. ELLE m’avait tellement parlé de son élégance toute française, du soin qu’il mettait à lui plaire, le raffinement, le bon goût, les textures et les étoffes luxueuses. Mais bon, je me dis que l’on peut mettre ça sur le compte de la déprime.

 

Je me plante devant lui. Ça lui prend quelques secondes pour réagir.

 

- Bonjour, vous ne m’attendez pas depuis trop longtemps, j’espère ?

- Ah ! Bonjour. Non, non, ça va.

 

Il s’approche pour me faire la bise. Malgré la légère barbe, il est très doux. C’est agréable.

 

- Comment vous sentez-vous ? Pas trop sur le décalage horaire ?

- Non, ça va.

 

Ça ne se passe pas tout à fait comme je me l’étais imaginé. Je le sens ailleurs, distant, à la limite froid. Pour tenter de dissiper le malaise qui s’installe, je me mets à faire la guide touristique. Je lui explique que cette place publique, à l’époque où elle a été inaugurée, au début des années 2000, a suscité une polémique. Une mobilisation citoyenne avait contesté avec véhémence le fait que l’on déracine La Joute, l’œuvre monumentale de Jean-Paul Riopelle, du quartier populaire où elle était installée depuis 1976, vers le quartier actuel des affaires.

 

Je lui parle de l’artiste, de ses liens avec la France où il a côtoyé les surréalistes et son fondateur, André Breton. Bref, je parle, je parle, je parle. Il écoute, sans vraiment écouter. Il est poli mais, encore une fois, lointain. On s’assoit et je me tais. Il ne dit rien, fixe l'horizon. Le silence est pesant.

 

- Vous pensez à ELLE ?

 

Il se secoue, se retourne vers moi.

 

- Je suis désolé… Je dois vous paraître très désagréable, mais mon esprit est ailleurs. Je me sens comme perdu au fond d’un gouffre. Et pourtant vous êtes charmante et c’est agréable d’être ici, à vous entendre discourir sur le mouvement automatiste et sur les polémiques entourant l’art public. Mais, sincèrement, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ELLE. C'était la seule personne qui arrivait encore à me faire tenir debout. 

- Je comprends. Peut-être préférez-vous retourner à votre hôtel et être seul ?

- Non, oui... Je ne sais pas...

 

Il soupire, cache un instant ses yeux dans ses mains et demeure silencieux plusieurs secondes. Puis il finit par me regarder. Pendant un instant, je crois que cette histoire se termine alors qu’elle n’a pas encore vraiment commencé et je pense à ELLE. Elle n’avait peut-être pas mesuré l’ampleur du désarroi qu’elle lui causerait en décidant de rompre à ce moment-ci et de cette manière un peu brutale. Je le sens tellement loin…

 

- Honnêtement, je n’ai pas envie de me retrouver seul. J'ai peur… J’aimerais être plus présent mais je n’y arrive pas. C’est comme si j’étais déconnecté de moi-même.

 

Au moment où il prononce cette dernière phrase, une idée, une inspiration, surgit dans mon esprit.

 

- Me permettez-vous de faire un appel ? Je crois que je pourrais vous offrir un moment qui pourrait vous faire le plus grand bien.

- Bien sûr, faites!

 

Une de mes amies travaille comme massothérapeute dans un spa situé dans le Vieux-Port de Montréal, non loin de l’endroit où nous sommes. C’est un endroit unique, un spa nordique aménagé sur un bateau. Je lui passe un coup de fil pour savoir si elle pourrait nous recevoir. Après quelques minutes de discussion, tout est organisé. Elle nous attend dans une heure.

 

Sur le chemin, je reprends mon rôle de charmante guide touristique et lui relate l’histoire du bateau en question. Il s’agit en fait d’un ancien traversier qui assurait la navette sur le fleuve Saint-Laurent dans les années 50 et 60. Fait intéressant, il fut ensuite reconverti en bateau-théâtre à la fin des années 1960. Puis une riche famille québécoise en fit l’acquisition avec l’idée originale de le transformer en spa. Amarré au Vieux-Port, le bateau offre à ses passagers tous les services d’un spa traditionnel, le tout conjugué à un décor original, entre urbanité et charme nautique.

 

À l’accueil, mon amie nous attend. Elle est radieuse, comme à son habitude. Cette femme, je l’aime d’amour, et parfois même, je la désire. Elle a une magnifique crinière rousse dans laquelle j’adore promener mes jolis doigts, mes doigts de fée comme elle le dit si joliment. Ses courbes sont généreuses et sa tendresse incommensurable. Je connais les nombreux talents de mon amie. Je l’ai vu à l’œuvre plus d’une fois. Ses mains sont magiques pour dénouer le corps et elles réussissent également à guérir les blessures de l’âme et du cœur.

 

Elle nous guide jusqu’à la salle de massage. L’espace est restreint mais très bien aménagé. Il y a un large hublot qui nous permet d’avoir une belle vue sur le fleuve. La table de massage est au centre et il y a une banquette près de la fenêtre. Mon amie m’invite à m’installer et me sert une tisane. Puis elle invite LUI à se dévêtir et à s’étendre à plat ventre, sous le drap, sur la table à massage. Elle s’éclipse pour lui laisser un peu d’intimité. Pour ma part, je détourne le regard, histoire de ne pas trop le gêner. Mais je m’amuse tout de même de sentir son hésitation. Il se déshabille rapidement et se faufile sous le drap. Mon amie revient discrètement. Elle allume quelques bougies, ajuste la température de la pièce pour plus de confort, démarre une musique d’ambiance relaxante et s’approche de LUI. Elle l’invite à respirer profondément et débute le massage.

 

J’observe la scène. Je la regarde faire. Je la trouve infiniment sensuelle quand elle masse. Son corps ondule, ses mains glissent sur la peau huilée. Toute son attention est concentrée sur le corps de l’autre, sur ce qu’elle décèle comme tensions, comme blessures, comme fragilités. Je ne peux m’empêcher de l’imaginer nue, d’avoir envie de découvrir cette poitrine généreuse. Des images lubriques se succèdent dans ma tête. Ses seins glissant sur le torse de LUI, sa chevelure de feu effleurant cette belle charpente d’homme, mes mains à moi empoignant cette délicieuse poitrine. Mon sexe se réveille. De son côté, LUI semble se détendre progressivement. Sa respiration se fait plus profonde, plus calme.

 

Il est maintenant sur le dos et elle lui masse vigoureusement une cuisse. Je vois poindre une érection. Exactement ce que j’espérais. Je m’approche de mon amie. Nous nous regardons. Nous n’avons pas besoin d’échanger un seul mot. Elle comprend ce à quoi je pense. Je me penche vers LUI et lui murmure à l’oreille que j’ai envie de lui offrir une expérience sensorielle un peu plus intense, s’il est d’accord, bien entendu. Il ne prononce pas un mot mais hoche la tête en signe d’acquiescement.

 

Mon amie et moi pratiquons le tantra et elle, encore plus que moi, a développé l’art du massage du lingam (mot Sanskrit pour l’organe sexuel masculin). Je me déshabille. Je remarque que son érection est un brin plus prononcée. Je souris. Mon amie aussi. Je m’approche d’elle et, pendant qu’elle m’enduit les mains d’huile à massage, j’en profite pour lui voler un baiser. Elle est si désirable. Un frisson très agréable me parcourt l’échine alors que la chaleur s’intensifie dans mon bas-ventre.

 

Nous déposons nos mains simultanément sur son corps, elle sur ses cuisses, moi sur son torse. Il est complètement abandonné à nos soins. Nous le massons à quatre mains, langoureusement. J’aurais très envie de parcourir certaines parties de son corps de mes lèvres ou encore mieux, glisser tout mon corps huileux sur le sien, mais je fais preuve de retenue.

 

Pendant que mon amie rapproche ses mains de la zone du lingam, je lui parle de nouveau. Je me doute que c’est la première fois qu’il reçoit un tel massage, alors je lui explique ce qui va se passer et ce qu’il pourrait ressentir. Je l’invite à se détendre encore plus, à se mettre en état de recevoir. Je lui dis que mon amie va prendre tout son temps pour bien masser la zone génitale en incluant ses testicules, son périnée et son Point Sacré (la prostate). Ainsi il pourra se laisser aller à une forme de plaisir auquel il n’est peut-être pas habitué.

 

image.jpg 

 

Pendant ce temps, mon amie verse une petite quantité d’huile sur sa verge. Elle commence à masser cette zone si fragile et si vigoureuse à la fois. Elle masse ses testicules, son périnée, et commence à masser le lingam. Elle varie la rapidité et la pression. Je la regarde travailler et l’envie me tenaille. Est-ce la vue de sa queue en érection? Est-ce la présence sensuelle de mon amie, ou encore un peu tout ça qui me trouble à ce point ? Je sens, je vois l’énergie sexuelle passer par ses mains et se transférer au sexe de LUI. Je peux lire sur son visage à lui le trouble, le plaisir, l’étonnement. Je continue à lui parler au creux de l’oreille. Je le rassure en lui expliquant que, pendant le massage, sa verge va durcir, puis ramollir, puis durcir à nouveau. Je lui explique que c’est exactement ce qui est recherché dans l’expérience tantrique, que c’est comme surfer sur une vague, l’idée étant de découvrir la jouissance multiple sans nécessairement qu’il y ait éjaculation.

 

Mon amie poursuit ses mouvements d’aller-retour mais dès qu’elle perçoit que l’éjaculation approche, elle diminue le rythme, permettant ainsi au lingam de ramollir, puis elle reprend son massage. À chaque fois, j’invite LUI à respirer plus profondément, à lâcher prise, à laisser aller ELLE, ses idées noires, ses cauchemars et tout ce qui lui pèse. Mon amie me fait signe de m’approcher d’elle. Mes mains se superposent aux siennes et nous poursuivons ainsi pendant quelques minutes le massage, puis elle s’éclipse sans faire de bruit, nous laissant seuls, LUI et moi, pour partager plus intimement ce moment.

 

Une de mes mains se dirige tranquillement vers son Point Sacré, tandis que l’autre continue de masser le lingam. Je sais que, bien que ce genre de massage libère des tensions, il peut également provoquer de très fortes vagues d’émotions. Je l’observe attentivement. Je lui parle d’ELLE, de tout ce qu’elle a vécu de beau et d’intense avec lui, de l’intimité et de la complicité extraordinaires qu’ils ont vécues, et ce, malgré les kilomètres qui les séparaient. Je lui dis qu’il ne faut pas voir cette rupture comme un abandon mais bien comme une nouvelle étape dans l’expérience de cet amour tellement vivant, tellement libre et libéré.

 

Je parle tout en continuant à le masser, et progressivement, j’exerce une pression plus forte sur son Point Sacré. Je sens, dans les pulsations de sa verge dans ma main, qu’un orgasme approche. Je sens aussi que mes mots touchent au cœur de sa blessure. Puis, subitement et avec force, le barrage de ses défenses cède. Son corps tout entier est secoué de spasmes. Les larmes jaillissent. J’accueille cette vague déferlante de plaisir, mélangée au chagrin et à la douleur, avec toute la bienveillance dont je suis capable. Je suis troublée, touchée, émue.

 

Je pose mes mains sur sa poitrine, sur son cœur. Je respire avec lui. Je l’apaise de mon énergie. Plusieurs minutes passent ainsi, dans le silence et l’accueil. Peu à peu ses sanglots cessent, la vague de fond se retire. Il émerge. Il ouvre enfin les yeux et les plonge dans les miens. Il me sourit. Je suis heureuse. La connexion entre nous deux est très forte. À ce moment-là bien précis, l’envie de le prendre en moi devient irrépressible. Ne pouvant plus résister, je réussis à grimper sur la table et à m’installer à califourchon sur lui. Il me laisse faire sans broncher. Son sexe est de nouveau en érection. Je me caresse avec sa queue. Je suis au nirvana. Il me semble que cela fait des heures que mon sexe est gonflé et qu’il réclame d’être soulagé. Je le regarde intensément et voit, dans son regard, cette flamme orangée du désir carnassier. La bête se réveille. Il n’est plus du tout dans l’abandon. C’est l’énergie brute, animale qui émerge et qui le transporte.

 

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D’une main, il empoigne mon cul avec ardeur et m’invite à m’empaler sur lui. De l’autre, il m’attire vers lui avec force. Il mord, il lacère, il geint. Bien que ça soit moi qui le chevauche, c’est lui qui donne le rythme. La cadence est effrénée. Je m’agrippe à lui de toutes mes forces. Tout d’un coup, ses râles deviennent de plus en plus forts. Je le sens sur le point de basculer dans la jouissance. La mienne est également toute proche. Je veux jouir avec lui. Au moment où je sens mon orgasme approcher, il se cambre et explose bruyamment. Mes doigts et mes dents s’enfoncent dans sa chair. Son corps est agité pendant de longues secondes par des convulsions incontrôlées. Je le serre très fort. À mon tour d’être submergée par une vague de fond. Je la laisse monter. Il m’enlace, m’embrasse à pleine bouche comme s’il voulait m’avaler. C’est intense, très intense. La puissance de mon orgasme me surprend et me transporte loin, très loin à l’intérieur de moi. Je suis touchée très profondément et pendant quelques minutes, je n’ai plus de corps. La réalité physique et concrète n’existe plus. Je vogue dans un état éthéré, je ne touche plus terre, je suis en extase…

 

Nos corps restent soudés l’un à l’autre pendant un long moment que je n’arrive pas à déterminer; nos respirations complètement synchronisées. Un léger bruit, comme si quelqu’un grattait à la porte, nous tire de notre presque sommeil. Mon amie entre sur la pointe des pieds. Elle s’approche de moi, me recouvre tendrement d’un peignoir, et m’aide à me relever et à descendre de la table sans me blesser. Elle couvre LUI pour ne pas qu’il ait froid. Elle nous enveloppe de sa bonté, de sa chaleur. Je me love entre ses bras. Je suis si heureuse.

 

Puis je me retourne vers LUI. Il nous regarde avec un large sourire. Il est beau à voir. Mon amie nous invite à passer aux douches puis à profiter du temps clément de ce début de soirée pour aller se prélasser dans le bain tourbillon situé sur le pont supérieur du bateau. Elle a même pensé à nous trouver des maillots. LUI et moi nous regardons tendrement, avec un air complice. Il m’embrasse sur la joue et me donne rendez-vous sur le pont. Je suis aux anges.

 

Épilogue

 

LUI et moi avons passé une superbe soirée, complètement détendus et heureux comme deux gamins. Il avait retrouvé sa bonne humeur, son envie de me plaire, de me faire rire, de me séduire. Après le spa, nous avons déambulé dans les rues de Montréal, main dans la main, moi continuant à lui faire découvrir les trésors de ma ville chérie, les bâtiments que j’affectionne plus particulièrement, tout en lui partageant les souvenirs rattachés aux endroits, aux odeurs, aux couleurs de Montréal. Tout le reste de son séjour, nous avons baigné dans cette bulle de bonheur, de gaité, de complicité. Nous avons fait l’amour, nous avons discuté, nous avons ri, nous avons pleuré, et ce fut magique, magnifique. Un véritable moment de grâce. J’ai senti qu’il reprenait goût à la vie, même si sa fragilité était encore palpable. J’étais heureuse de pouvoir tenir la promesse que j’avais faite à ELLE : prendre soin de lui et veiller à ce qu’il ne sombre pas.

 

Puis il est reparti… et nous nous sommes promis d’être les amants les plus fous et les plus infidèles que cette terre ait portés !

 


09/12/2014
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Week-end Breton (partie 1)

Prologue : Elle s'appelait L.

L. et moi étions élèves dans la même classe, dans un lycée (1) d'une petite ville du nord-est de la France.

Elle était la plus belle fille du lycée. Les garçons se battaient pour sortir avec elle, avec plus ou moins de succès. Elle faisait tourner des têtes et fréquentait les plus beaux garçons.

Quant à moi, j'étais le premier de la classe, un élève studieux mais timide et réservé. On me disait souvent que j'étais trop sérieux, pas cool, pas beau. On ne m'invitait jamais aux fêtes, sûrement parce qu'on m'imaginait travaillant tout le temps, samedi soir compris. En fait je m'ennuyais beaucoup.

Pour L. j'étais probablement transparent. Mais moi aussi je la trouvais belle, désirable, bien qu'un peu superficielle à mon goût. Je ne crois pas lui avoir adressé la parole durant les sept premiers mois de l’année scolaire. Puis les choses avaient changé début mai, juste après les dernières vacances...

L., cette fille si inaccessible, était venue me voir discrètement après la sortie des cours. Quelle émotion pour moi, j'étais incapable de lui parler dans un premier temps. Elle m'avait dit que ses parents lui avaient mis beaucoup de pression à propos de ses résultats scolaires, alors que le baccalauréat (2) était tout proche. Selon elle, ses amis allaient la faire échouer. Spontanément, je lui avais proposé de réviser avec elle pendant les deux mois restants. Nous avons donc travaillé ensemble chaque jour de la semaine et les samedis. Travaillé... et rien d’autre ! J’étais juste heureux d’être avec elle. En faisant sa connaissance, j'avais découvert une jeune femme très intéressante et intelligente. Elle me plaisait beaucoup, mais je n'osais pas le lui dire. Et est-ce qu’elle s’intéressait à moi d’ailleurs ? Impossible...

L'examen final s'est déroulé fin juin. Puis une longue période de stress a commencé dans l'attente des résultats, période où nous ne nous sommes pas vus.

Je me souviens du jour où, en découvrant son nom sur la liste des reçus, elle s'était précipitée vers moi pour un baiser qui m'avait surpris. Mais ce baiser était resté unique, car elle était partie en vacances le soir-même avec ses parents, sans avoir le temps de fêter cette bonne nouvelle. De plus, nous nous sommes immédiatement perdus de vue, car nous avons fait nos études supérieures dans deux villes séparées de mille kilomètres, elle dans le sud de la France, moi dans le Nord. A l'époque, le téléphone portable était un produit de luxe et l'e-mail était encore très peu répandu.

Petit à petit j'ai essayé de chasser L. de mon esprit car, quand je pensais à elle, elle avait toujours ce goût amer des occasions manquées. Ce regret de n'avoir rien tenté à cause de ma timidité et du manque de confiance en moi me rongeait. Pourquoi n'avais-je pas osé ?... Ma vie aurait peut-être été différente.

Et le temps est passé...

Quinze ans plus tard, une certaine @lumierebretonne est venue me suivre sur un réseau social. Au début, nos échanges ont été courtois, puis ils sont vite devenus amicaux. Les confidences et des secrets sont arrivés dans nos conversations. Elle avait travaillé pendant huit ans dans la communication avant de devenir artiste peintre ; elle vivait en Bretagne avec son compagnon, un chercheur dans le domaine des maladies rares, qu’elle l'aimait beaucoup. Mais leur vie de couple manquait de quelque chose : de folie, d’imprévus, mais surtout d'un enfant dont l'arrivée tardait. Nous passions des soirées entières sur les messageries instantanées lorsqu’elle et moi nous sentions seuls, devenant virtuellement très intimes. Jamais je n’avais vu son visage, mais jamais je ne lui avais réclamé de photo.

Cette relation a duré trois ou quatre mois. Mais un soir où @lumierebretonne était particulièrement triste, elle a fini par m'avouer qu'elle était L. Elle m’avait reconnu depuis plusieurs semaines mais avait préféré rester anonyme pour ne pas me déstabiliser. Ce en quoi elle n’a pas eu tort !... Ce soir-là, derrière mon téléphone, j’ai versé quelques larmes...

Après quelques semaines, nous avions décidé de nous rencontrer chez elle et son compagnon, dans un petit village breton qui avait inspiré tant de peintres, au cours d'un long week-end du mois de mai. Je devais arriver le vendredi soir, puis les conduire à Paris le lundi matin, d'où ils devaient prendre un vol pour l'Australie et y demeurer durant six mois. Monsieur avait obtenu une bourse pour ses recherches.

Le week-end a été mémorable... 

Chapitre 1 : derrière le mur

J’arrive le vendredi vers 23 heures. Les retrouvailles avec L. sont chaleureuses, elle est toujours aussi belle : grande, brune avec de jolis yeux noisette. Elle a toujours ce regard magnifique bien qu'un peu triste, les années l'ont embellie. Par contre Monsieur semble un peu plus distant et pas très enthousiaste. Ils me servent une collation, nous évoquons le programme de ces deux jours à venir, puis je file me coucher, exténué par une semaine chargée. Le week-end s’annonce estival. Je suis très heureux de retrouver mon amie.

Samedi 9h30 : je me réveille. La maison est silencieuse. Je trouve un mot sur la table :

"Coucou Lui,
Ma sœur vient d'accoucher avec un mois d'avance d'une jolie petite fille. Nous sommes partis pour Bordeaux ce matin très tôt pour aller la voir, nous reviendrons ce soir ou dimanche. Je suis désolée mais j'espère que tu comprendras.
Je pense que tu sauras t'occuper...
L."

Dans un premier temps je suis extrêmement déçu, j'ai presque envie de partir. Mais très vite je repense à leur départ imminent pour l’Australie. Il est naturel que mon amie aille voir sa petite nièce, elle qui adore les enfants.

Je prends une douche et je file au village voisin. J'achète de quoi manger et me renseigne sur les chemins de randonnée. J'ai envie de grand air. Ensuite, je pourrai éventuellement passer la soirée chez des amis qui habitent à cinquante kilomètres. Tout va bien...

Vers midi je reçois une photo de L. avec un minuscule bébé dans ses bras. Le sourire de mon amie est radieux. Elle ne peut revenir ce soir car un dîner de famille a été organisé.

Au début de l’après-midi, je pars me promener. Après trente minutes de marche, j'arrive à côté d'une petite maison isolée. Je m'arrête près d'un mur de pierre qui borde la maison pour me rafraîchir un peu. La campagne est silencieuse...

"- mmmmmmmmh !"

Un gémissement semble venir de derrière le mur.

"- oooooohhhhhh !"

J’ai l’impression qu’une femme derrière ce mur prend du plaisir.

"- oooh !"

Le mur n'est pas très haut, je l'escalade. Ce que je vois est très beau : allongée sur un transat, une belle femme aux cheveux noirs, portant un maillot de bain deux pièces violet, est en train de caresser son sexe en lisant... un recueil de poésies, visiblement érotiques. Elle tient le livre d'une main, l'autre main étant plongée sous son maillot. Excitant...

Cela me donne des idées... J'ai toujours sur moi mon téléphone où j'écris de temps en temps mes propres poésies. Profitant d'un interstice dans le mur, je commence à lire un texte...


 


A fin de ma lecture, un silence s'installe... Puis j'entends un nouveau gémissement, presque orgasmique. Je souris, puis je reprends ma randonnée ; je marche une trentaine de mètres, quand je sens une main sur mon épaule. Je me retourne : la femme aux cheveux noirs, juste vêtue d'un paréo, m'a rattrapé. J'ai à peine le temps de la dévisager qu'elle m'embrasse déjà, langoureusement. Puis elle me prend par la main et me fait entrer chez elle, directement dans le jardin.

Elle s'allonge sur sa chaise longue. Je m'agenouille près d'elle et commence à caresser ses longues jambes. Je lui murmure des mots qui me viennent à l'esprit... Ma main droite parcourt son corps et frôle son entrejambe, son maillot de bain est trempé ! Mais je veux qu'elle jouisse uniquement grâce à mes mains sur sa peau. J'ai l'impression de lui faire découvrir que son corps peut être une source de plaisir. Elle gémit, se cambre, se mord les lèvres...

Elle finit par enlever son maillot et commence à se caresser, tandis que ma main continue ses allées et venues. Elle s'agrippe à mon cou pour que je bascule vers elle. Ma chemise est déjà ouverte, je me suis débarrassé de mes chaussures, de mon pantalon et... du reste. Nous sommes nus, enlacés sur cette chaise longue, sous le soleil breton, avec une envie irrépressible de faire l'amour sans même nous connaître.

Notre première fois est intense : assise sur moi, elle semble prise d'une sorte de transe, comme si elle n'avait jamais été aussi excitée. Elle me plaque contre la chaise longue et s'empale sur mon sexe. C'est un véritable ouragan qui s'abat sur moi, ne me laissant pas reprendre mon souffle. Elle jouit en se mordant le doigt, pour éviter de crier trop fort. De mon côté, j'ai pris beaucoup de plaisir à en donner... et j'avoue être allé un peu trop vite pour conclure. Mais c'était juste suffisant...

"- Bonjour, je m'appelle LUI... Merci pour votre accueil !".

Nous éclatons de rire.

"- Je m'appelle Madame R., et je n'ai pas joui aussi fort depuis longtemps. Vos mots sont arrivés au bon moment. Je prends souvent du plaisir en lisant de la poésie, mais là...".

Son jardin est très joli, fermé sur l'extérieur par un mur qui en fait le tour, c'est très intime. Elle possède de magnifiques roses pourpre foncé. Mais j'ai l'impression que ce jardin est aussi occupé par des enfants car quelques jouets traînent.

Elle me rassure :

"- Ne craignez rien, mes enfants sont chez leur mamie tout le week-end. Quant à mon ex-mari, qu'il aille se faire foutre !".

Nous nous embrassons longuement.

"- Si vous n'avez rien de prévu ce soir, voudriez-vous rester manger du homard avec moi ?
- Volontiers, mais si je puis me permettre... j'ai terriblement envie de vous".

Nous avons terminé l'après-midi dans sa chambre, d'abord calmement et finalement comme deux bêtes...

Le homard était juste parfait. Et la nuit qui a suivi également...

 

A suivre dans "Week-end Breton (partie 2)"


#Lui, le 05/12/2014

Corrections par Ozalide.net

 

Notes pour mes lecteurs québécois

(1) : En France, le lycée est l'équivalent du CEGEP.
(2) : Le baccalauréat est le diplôme de fin d’études secondaires, équivalent du DES, que l’on passe généralement vers 17-18 ans. 


06/12/2014
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Champagne et petits fours

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19h15 : le grand hall de la mairie de Saint-Machin est plein. Ce soir le bâtiment est inauguré en grandes pompes ! Le préfet, un député, un sénateur, un ancien ministre, des notables et peu de citoyens. Tous sont venus pour écouter M. le maire parler de sa « mairie intelligente », mais surtout se gaver de petits fours et de champagne.

Mon entreprise ayant fourni une partie des logiciels, je suis présent. Je n'aime pas trop les mondanités. Je souhaite juste retrouver mademoiselle I., la jolie chef de projet informatique de la mairie, avec qui j'ai travaillé pendant trois mois et... passé de très bons moments... à l'hôtel près de la mairie. Je vous raconterai ça un autre jour.

Je la cherche du regard et finis par la remarquer : habillée dans une robe de soirée noire très chic, elle ne ressemble plus à la femme que j'avais connue trois mois auparavant, si triste et si peu féminine. Quelque chose a changé en elle, ce soir elle resplendit. Dommage que son fiancé l'accompagne... Tant pis pour moi...

Je repars donc à la recherche d'une flûte de champagne pleine... Cette inauguration ne m'intéresse plus mais je dois au moins rester jusqu'aux discours...

« Bonsoir, vous semblez vous ennuyer. Souhaitez-vous du champagne ? »

Je me retourne : derrière moi se tient une femme très élégante : brune aux cheveux courts, habillée d'un tailleur pantalon clair et chaussée de talons hauts rouges. Elle tient deux flûtes de champagne pleines. Quelle aubaine !

« Merci madame. Effectivement, je ne connais presque personne.
- Mais alors que faites-vous ici ?
- Nos logiciels équipent les services de la mairie. La "mairie intelligente" c'est un peu nous, alors M. le maire m’a invité. Vous êtes madame ?...
- Madame B., adjointe au maire de cette charmante ville. Félicitations, au moins vos programmes fonctionnent. Et dire que certaines personnes à la mairie ne voulaient pas de vous, y compris le maire ! Suivez-moi... »

Elle me présente à plusieurs personnes travaillant dans des villes voisines. En vingt minutes, je décroche plusieurs rendez-vous. Finalement cette soirée est fructueuse pour mon business.

Mais déjà le discours du maire commence, madame B. revient se mettre à côté de moi, m'offre une nouvelle flûte de champagne, puis engage la conversation :

« Vous savez que M. le maire est surnommé "Hip hip hip ! Hourra" ?
- Pourquoi ça ?
- C'est à peu près le temps que ça prend quand il baise, j'en sais quelque chose. »

Je me retiens de rire et me concentre sur le discours. Mais madame B. continue.

« Vous voyez le type près du maire ? C'est monsieur Hugues, notre sénateur. Nous, on le surnomme Huggy au long tuyau. Dommage que cet homme bande mou sinon il aurait du succès.
- Veni, Vidi, non Vici. Non Viagra ? »

Nous nous servons deux nouvelles flûtes de ce délicieux champagne tout en continuant à plaisanter. J'ai l'impression d'être avec une bonne copine avec qui nous faisons du désordre en classe. Ça devient difficile de ne pas rire bruyamment, d’autant que l'architecte du bâtiment commence son discours, cinq minutes d'autosatisfaction d'excellente facture.

« Celui-là, si je n'avais pas été là, il aurait oublié de mettre des toilettes dans les étages. Quelle andouille !
- Après les bâtiments non-fumeur, les bâtiments non... »

Éclats de rire étouffés. Deux dernières flûtes... Et pour finir, le député.

« Tiens, mais c'est Petit Bouchon qui parle ! Je ne vous fais pas de dessin j'espère ? Dire qu’il a failli mourir d'un infarctus alors qui se faisait tailler une pipe par une adjointe au maire de la ville d'à côté...
- Il voulait être César, il a fini Pompée »

Notre éclat de rire est tellement bruyant que nous sortons rapidement du hall par la porte le plus proche. Derrière cette porte se trouve un escalier qui permet d'accéder aux étages...

« Je vous fais visiter le troisième ? Il n'y a personne dans les bureaux.
- Volontiers !
- Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier... »

Cette dernière phrase me trouble un peu. Arrivés au troisième étage, nous empruntons un long couloir. Puis madame B. ouvre une porte : celle du bureau du maire. La pièce est un véritable « bureau ovale », mais rectangulaire ! Elle possède une grande table pour les réunions, un canapé en cuir blanc et bien-sûr un large bureau. Aucun éclairage ne fonctionne, la lumière du dehors me permet de voir l'essentiel : Madame B. est une très belle femme...


Je ne sais pas si c'est le champagne, nos fous rires ou notre conversation… Alors qu’elle me tourne le dos, je ressens brusquement une attirance irrépressible. Je m'approche d'elle doucement et l'embrasse dans le cou... Elle se retourne vers moi et d'un geste vif et précis... pose sa bouche sur la mienne pour un baiser au champagne... Un désir fou nous submerge d'un coup... Quelque chose de fort, d'animal...

Nos vestes sont déjà à terre, ma chemise est à moitié ouverte, j'enlève son haut et commence à caresser ses seins. Je passe ma main sur sa dentelle délicate et frôle ses tétons… Sa peau frisonne doucement, je le ressens au bout de mes doigts. Délicatement, j'écarte les bretelles de son soutien-gorge, tout en la poussant vers la table de réunion... Elle s'assoit sur cette table et me laisse dévorer sa poitrine... Ses seins durcirent dans ma bouche... Ma langue lèche cette partie tellement délicieuse et sensible, en la mordillant un peu... C'est doux... Elle me tient dans ses bras et caresse mes cheveux, tout en gémissant… Comme si ce plaisir simple lui avait manqué…

Nos deux pantalons sont désormais à terre... Elle est complément allongée sur cette grande table... J’écarte doucement ses jambes, embrasse son ventre et caresse ses cuisses... Je me débarrasse de sa culotte, déjà trempée par le désir... Je sens le parfum de l'excitation monter... J'ai envie d'elle tout de suite... Je frotte mon sexe contre le sien et la pénètre... Nos corps s'unissent dans un soupir de plaisir. Dans la pénombre j'aperçois son regard et son sourire... Radieux...

Je me tiens encore debout et commence à lui faire l’amour doucement, en caressant ses seins, ses reins et ses cuisses. Elle bouge à peine, se laissant faire… Elle prend déjà du plaisir, je l’entends… D'abord douce, notre étreinte devient intense, mes coups de rein lui font pousser des cris de plus en plus forts, ses propres mouvements m'accompagnent... Je la pousse vers le centre de la table et m’allonge sur elle... Elle prend ma tête dans ses bras pour m’embrasser, m’encourager… Je lui chuchote « tu es belle, ton corps est magnifique, laisse toi aller… ». Nous sentons progressivement l’arrivée de l’orgasme libérateur... Et nous jouissons ensemble sur cette table…

Puis madame B. part dans un immense éclat de rire.

« Monsieur... Votre réputation est donc justifiée !
- Ma réputation ?
- Oui... Vous avez travaillé ici-même avec ma nièce... Pas que travaillé d'ailleurs d'après ce qu'elle m'a raconté...
- Mademoiselle I. est votre nièce ? »

Je me sens extrêmement gêné, mais elle me rassure avec un baiser et un sourire. Nous nous asseyons dans le canapé serrés l'un contre l'autre. Ma main caresse ses seins...

« Oui, vous l'avez complément changée. Nous étions brouillées depuis deux ans à cause de son fiancé. Grâce à vous, elle me parle de nouveau et nous sommes devenues très complices. Bientôt elle va quitter ce crétin et enfin vivre. Je ne vous remercierai jamais assez !
- Je suis heureux pour elle. Elle allait devenir malheureuse et aigrie en épousant cet homme... Mais au fait, votre mari ?...
- Oh, il est à Strasbourg pour toute la semaine. Il ne comprend rien à l'Europe, mais il travaille quand même au parlement européen de temps en temps. »

Nous faisons de nouveau l'amour sur ce canapé... Longuement... Passionnément...

22 heures : nous quittons le bureau en rangeant un peu le désordre. Nous poursuivons notre rencontre à l'hôtel, ce fameux hôtel près de la mairie... De toutes façons,  impossible pour nous de reprendre le volant avec tout ce champagne bu… Une nuit de découvertes, de confidences, de tendresse et.... de sexe... intense…

 

Épilogue

 

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Depuis cette première nuit, nous nous sommes revus trois ou quatre fois, clandestinement... J’adore lui faire l’amour… Elle n'est jamais lasse, toujours curieuse de nouvelles expériences. Elle a même invité une amie pour un moment tendre et mémorable dans un Relais et Château du Val de Loire... Elle m'a aussi prêté les clefs de sa maison dans l'arrière-pays niçois... Elle aime que je lui parle de mes rencontres... Elle me raconte aussi les siennes. Puis nous nous sommes un peu perdus de vue à l’approche des élections… Et pour cause...

Un an plus tard je reçois une lettre recommandée de la ville de Saint-Machin : Madame B., tout juste élue maire (en ayant habillement évincé l'ancien maire et son équipe) souhaite renégocier en personne un nouveau marché avec mon entreprise. Je dois dès aujourd'hui me rendre à la mairie, bureau du troisième étage, à… 22 heures précises ! Je dois venir avec une proposition de nouveau contrat et... du champagne !

Bon allons-y ! Fichu métier !

 

#LUI, 18/04/2014

(Remerciements à Michel Audiard et Georges Clemenceau pour les bons mots !...) 


06/12/2014
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La nouvelle ELLE entre en scène

 

Jour 1

7 heures du matin, rue du Vice

 

Je rentre chez moi, après une drôle de nuit. En fait, je vis des drôles de choses depuis un certain temps. Et cette dernière nuit, passée chastement auprès d’un (presque) parfait inconnu, n’est pas en reste.

 

Il y a eu cette rencontre avec ELLE, dans l’univers virtuel, puis dans la vraie vie, et cette extraordinaire coïncidence… Tout ce temps, nous étions voisines ! Puis cet échange, par webcam interposée, avec LUI, un peu surprenant et imprévu, mais combien excitant. Et cette proposition audacieuse qu’ELLE m’a faite il y a quelques jours… La remplacer auprès de LUI ! Bien que j’ai déjà exprimé un vif intérêt à faire sa connaissance (sa poésie m’avait troublée et l’envie de rencontrer l’auteur de cette prose envoûtante me titillait depuis un certain temps), ce qu’elle me demandait dépassait largement ce que j’avais secrètement imaginé, et m’intimidait quelque peu.

 

Je comprends le stratagème de ELLE. Elle ne veut pas le laisser seul. Elle me demande de prendre soin de LUI. Mais je ne suis pas certaine qu’elle mesure bien l’état de tristesse dans lequel elle le plonge, le deuil qu’il aura à faire. Mais elle le connaît mieux que moi… Peut-être qu’au contraire, elle sait à quel point il a besoin d’une femme à ses côtés pour mieux traverser les épreuves de la vie… Qui sait ? Il aura peut-être envie de passer les quelques jours qu’il lui reste à Montréal en ma compagnie. En tous les cas, c’est le pari qu’elle a fait, et que j’ai accepté de faire avec elle.

 

Mais pour le moment, j’ai besoin de dormir. Les chambres d’hôtel sont intéressantes mais je n’y dors jamais très bien. En me glissant sous mes draps, je pense à LUI que je ne connais pas, que je sens fragile, vulnérable. Je me demande ce qu’il pensera à son réveil… Il aura peut-être l’impression d’avoir rêvé… Il sera en manque d’ELLE. Difficile de présumer ce qu’il pensera de ma petite note, ce qu’il en fera. Je me demande s’il aura envie de me revoir. Je n’ose pas trop l’espérer.

 

Le sommeil tarde à venir… Je rêvasse… Je me laisse bercer par les souvenirs de cette drôle de nuit. Je revois son corps nu, cette virilité complètement abandonnée aux bras de Morphée. J’ai profité de ce moment pour le reluquer à ma guise, pour admirer cette charpente d’homme bien solide, sans être trop costaude, comme je les aime. J’ai passé mes doigts tendrement dans cette chevelure à la teinte blonde foncée. J’ai aimé ce look de mauvais garçon avec une barbe de trois jours. Je me suis imaginée ces belles mains de pianiste parcourant mon corps délicat. Je me suis permis de glisser mes doigts sur ce torse plutôt imberbe et mon imagination s’est enflammée. J’ai présumé de son raffinement vestimentaire, le voyant déjà déambulant dans les rues de Montréal, à mes côtés, chemise blanche et pantalon noir… L’élégance toute française ! Je l’ai respiré, humé et ai détecté un parfum que j’adore, puissant, très viril, aux effluves poivrées. Cette odeur, mélangée à celle du sexe qui embaumait la pièce, m’a complètement enivrée. Délicieux… tout simplement délicieux. Et lorsque je me suis risquée (tant qu’à y être) à zieuter sa verge au repos, mon cœur s’est emballé ! Dire que je ne l’ai pas tout de suite imaginée fièrement dressée entre mes seins serait vous mentir éhontément !

 

 image.jpg

 

 

Et voilà qu’à la pensée de tout ça, mon corps s’échauffe, se contracte en des endroits névralgiques. Je suis nue et l’effleurement du drap sur ma peau me procure de douces sensations. Une tension monte progressivement et je sais que si je veux réussir à dormir, il me faut apaiser ce volcan intérieur. Mon sexe est gonflé, gorgé. Je l’effleure de mes doigts. Il frétille. Il s’émoustille. Mes mains caressent mon bas ventre, l’intérieur de mes cuisses. Mon dos se cambre. Je me caresse les seins. Bien que n’étant pas aussi volumineuse que d’autres poitrines que je désire parfois, le galbe de mes seins me donne souvent envie… Je m’imagine une bouche me dévorant avec avidité et je sens mon sexe se liquéfier. Une de mes mains lâche un sein pour aller vérifier l’état de lubrification de ma chatte. Mon entrejambe est bien mouillé mais je résiste encore à l’envie de stimuler mon clitoris. Je me caresse les lèvres, je recouvre bien mes doigts de ma cyprine et je les porte à ma bouche. Me goûter est très excitant. Puis des images envahissent mon cerveau et je le vois LUI, habillé avec élégance, me regardant avec envie, se délectant du spectacle. Son regard est lubrique, cochon. Son érection est bien visible à travers son pantalon. M’imaginer lui offrir ce spectacle, me suçant les doigts en guise de provocation, quintuple mon niveau d’excitation et m’incite enfin à plonger l’autre main dans mon sexe. J’approche ma zone sensible avec délicatesse mais rapidement, je sens le besoin d’accélérer la cadence. Et je m’imagine lui demandant, l’implorant de me montrer sa verge bien bandée. Je veux qu’il se branle et qu’il m’inonde de sa semence. Je veux qu’il explose sur moi. Et c’est au moment où j’imagine cette belle coulée blanche m’asperger les seins, le visage, que la vague de mon orgasme me submerge et que tout mon corps est pris de convulsions. Une série de tremblements intérieurs se succèdent, puis tranquillement, la houle se retire et je refais surface… Pour mieux sombrer, à mon tour, dans les merveilleux bras de Morphée !

 


Plus tard, le même jour

 

Je me réveille en sursaut, réveillée par la sonnerie de mon portable. Il est 14 heures. Ouf ! On dirait bien que j’avais besoin de sommeil ! J’étire mon bras vers la table de chevet. Mon cœur sursaute… J’ai un texto d’un numéro inconnu :


- Est-ce vous mon rêve ?

 

Je m’empresse de répondre :

 

- Je suis bien réelle ;-)

 

Après quelques minutes d’attente :

 

- Qui êtes-vous ?
- La nouvelle ELLE… si vous le voulez bien…
- Était-ce vous cette nuit ?
- Oui.
- Votre visage me rappelait quelqu’un… est-ce possible ?
- Vous souvenez-vous d’une soirée pas si lointaine, sur votre webcam… deux femmes ?
- Oh !!! C’est vous ???
- Oui :-) J’avais envie de vous rencontrer…

 

Quelques minutes passent. On dirait qu’il hésite. Peut-être que tout cela est un peu intimidant… Mon cœur s’emballe. J’ai tellement envie de le revoir… S’il décidait de plier bagage et de rentrer au plus vite chez lui, de l’autre côté de l’Atlantique… Puis, soulagement, la vibration tant attendue :

 

- Je suis un peu pris de court… Je ne m’attendais pas à ça… À rien de tout ça en fait !
- Je vous comprends… Ça fait beaucoup à encaisser en peu de temps.
- Oui, en effet !
- Vous êtes à Montréal quelques jours si mes informations sont correctes…
- On ne peut rien vous cacher (évidemment) ;-)
- Puis-je m’offrir pour vous faire découvrir quelques jolis endroits de la ville ?
- Honnêtement, je me sens un peu largué en ce moment… C’est un peu le brouillard dans ma vie depuis quelques mois d’ailleurs. Sortir me balader me ferait certainement du bien… et comme je ne connais pas très bien votre belle ville, les services d’une charmante guide ne seraient pas de refus.
- Trop heureuse :-) Rendez-vous à la Place Jean-Paul-Riopelle (juste devant votre hôtel) dans une heure ?
- D’accord. Au plaisir de faire votre connaissance nouvelle ELLE ;-)


Houlala !!! Alea jacta est… je suis toute excitée!

 

A suivre dans La nouvelle ELLE entre en scène (suite)


04/10/2014
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