Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Champagne et petits fours

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19h15 : le grand hall de la mairie de Saint-Machin est plein. Ce soir le bâtiment est inauguré en grandes pompes ! Le préfet, un député, un sénateur, un ancien ministre, des notables et peu de citoyens. Tous sont venus pour écouter M. le maire parler de sa « mairie intelligente », mais surtout se gaver de petits fours et de champagne.

Mon entreprise ayant fourni une partie des logiciels, je suis présent. Je n'aime pas trop les mondanités. Je souhaite juste retrouver mademoiselle I., la jolie chef de projet informatique de la mairie, avec qui j'ai travaillé pendant trois mois et... passé de très bons moments... à l'hôtel près de la mairie. Je vous raconterai ça un autre jour.

Je la cherche du regard et finis par la remarquer : habillée dans une robe de soirée noire très chic, elle ne ressemble plus à la femme que j'avais connue trois mois auparavant, si triste et si peu féminine. Quelque chose a changé en elle, ce soir elle resplendit. Dommage que son fiancé l'accompagne... Tant pis pour moi...

Je repars donc à la recherche d'une flûte de champagne pleine... Cette inauguration ne m'intéresse plus mais je dois au moins rester jusqu'aux discours...

« Bonsoir, vous semblez vous ennuyer. Souhaitez-vous du champagne ? »

Je me retourne : derrière moi se tient une femme très élégante : brune aux cheveux courts, habillée d'un tailleur pantalon clair et chaussée de talons hauts rouges. Elle tient deux flûtes de champagne pleines. Quelle aubaine !

« Merci madame. Effectivement, je ne connais presque personne.
- Mais alors que faites-vous ici ?
- Nos logiciels équipent les services de la mairie. La "mairie intelligente" c'est un peu nous, alors M. le maire m’a invité. Vous êtes madame ?...
- Madame B., adjointe au maire de cette charmante ville. Félicitations, au moins vos programmes fonctionnent. Et dire que certaines personnes à la mairie ne voulaient pas de vous, y compris le maire ! Suivez-moi... »

Elle me présente à plusieurs personnes travaillant dans des villes voisines. En vingt minutes, je décroche plusieurs rendez-vous. Finalement cette soirée est fructueuse pour mon business.

Mais déjà le discours du maire commence, madame B. revient se mettre à côté de moi, m'offre une nouvelle flûte de champagne, puis engage la conversation :

« Vous savez que M. le maire est surnommé "Hip hip hip ! Hourra" ?
- Pourquoi ça ?
- C'est à peu près le temps que ça prend quand il baise, j'en sais quelque chose. »

Je me retiens de rire et me concentre sur le discours. Mais madame B. continue.

« Vous voyez le type près du maire ? C'est monsieur Hugues, notre sénateur. Nous, on le surnomme Huggy au long tuyau. Dommage que cet homme bande mou sinon il aurait du succès.
- Veni, Vidi, non Vici. Non Viagra ? »

Nous nous servons deux nouvelles flûtes de ce délicieux champagne tout en continuant à plaisanter. J'ai l'impression d'être avec une bonne copine avec qui nous faisons du désordre en classe. Ça devient difficile de ne pas rire bruyamment, d’autant que l'architecte du bâtiment commence son discours, cinq minutes d'autosatisfaction d'excellente facture.

« Celui-là, si je n'avais pas été là, il aurait oublié de mettre des toilettes dans les étages. Quelle andouille !
- Après les bâtiments non-fumeur, les bâtiments non... »

Éclats de rire étouffés. Deux dernières flûtes... Et pour finir, le député.

« Tiens, mais c'est Petit Bouchon qui parle ! Je ne vous fais pas de dessin j'espère ? Dire qu’il a failli mourir d'un infarctus alors qui se faisait tailler une pipe par une adjointe au maire de la ville d'à côté...
- Il voulait être César, il a fini Pompée »

Notre éclat de rire est tellement bruyant que nous sortons rapidement du hall par la porte le plus proche. Derrière cette porte se trouve un escalier qui permet d'accéder aux étages...

« Je vous fais visiter le troisième ? Il n'y a personne dans les bureaux.
- Volontiers !
- Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier... »

Cette dernière phrase me trouble un peu. Arrivés au troisième étage, nous empruntons un long couloir. Puis madame B. ouvre une porte : celle du bureau du maire. La pièce est un véritable « bureau ovale », mais rectangulaire ! Elle possède une grande table pour les réunions, un canapé en cuir blanc et bien-sûr un large bureau. Aucun éclairage ne fonctionne, la lumière du dehors me permet de voir l'essentiel : Madame B. est une très belle femme...


Je ne sais pas si c'est le champagne, nos fous rires ou notre conversation… Alors qu’elle me tourne le dos, je ressens brusquement une attirance irrépressible. Je m'approche d'elle doucement et l'embrasse dans le cou... Elle se retourne vers moi et d'un geste vif et précis... pose sa bouche sur la mienne pour un baiser au champagne... Un désir fou nous submerge d'un coup... Quelque chose de fort, d'animal...

Nos vestes sont déjà à terre, ma chemise est à moitié ouverte, j'enlève son haut et commence à caresser ses seins. Je passe ma main sur sa dentelle délicate et frôle ses tétons… Sa peau frisonne doucement, je le ressens au bout de mes doigts. Délicatement, j'écarte les bretelles de son soutien-gorge, tout en la poussant vers la table de réunion... Elle s'assoit sur cette table et me laisse dévorer sa poitrine... Ses seins durcirent dans ma bouche... Ma langue lèche cette partie tellement délicieuse et sensible, en la mordillant un peu... C'est doux... Elle me tient dans ses bras et caresse mes cheveux, tout en gémissant… Comme si ce plaisir simple lui avait manqué…

Nos deux pantalons sont désormais à terre... Elle est complément allongée sur cette grande table... J’écarte doucement ses jambes, embrasse son ventre et caresse ses cuisses... Je me débarrasse de sa culotte, déjà trempée par le désir... Je sens le parfum de l'excitation monter... J'ai envie d'elle tout de suite... Je frotte mon sexe contre le sien et la pénètre... Nos corps s'unissent dans un soupir de plaisir. Dans la pénombre j'aperçois son regard et son sourire... Radieux...

Je me tiens encore debout et commence à lui faire l’amour doucement, en caressant ses seins, ses reins et ses cuisses. Elle bouge à peine, se laissant faire… Elle prend déjà du plaisir, je l’entends… D'abord douce, notre étreinte devient intense, mes coups de rein lui font pousser des cris de plus en plus forts, ses propres mouvements m'accompagnent... Je la pousse vers le centre de la table et m’allonge sur elle... Elle prend ma tête dans ses bras pour m’embrasser, m’encourager… Je lui chuchote « tu es belle, ton corps est magnifique, laisse toi aller… ». Nous sentons progressivement l’arrivée de l’orgasme libérateur... Et nous jouissons ensemble sur cette table…

Puis madame B. part dans un immense éclat de rire.

« Monsieur... Votre réputation est donc justifiée !
- Ma réputation ?
- Oui... Vous avez travaillé ici-même avec ma nièce... Pas que travaillé d'ailleurs d'après ce qu'elle m'a raconté...
- Mademoiselle I. est votre nièce ? »

Je me sens extrêmement gêné, mais elle me rassure avec un baiser et un sourire. Nous nous asseyons dans le canapé serrés l'un contre l'autre. Ma main caresse ses seins...

« Oui, vous l'avez complément changée. Nous étions brouillées depuis deux ans à cause de son fiancé. Grâce à vous, elle me parle de nouveau et nous sommes devenues très complices. Bientôt elle va quitter ce crétin et enfin vivre. Je ne vous remercierai jamais assez !
- Je suis heureux pour elle. Elle allait devenir malheureuse et aigrie en épousant cet homme... Mais au fait, votre mari ?...
- Oh, il est à Strasbourg pour toute la semaine. Il ne comprend rien à l'Europe, mais il travaille quand même au parlement européen de temps en temps. »

Nous faisons de nouveau l'amour sur ce canapé... Longuement... Passionnément...

22 heures : nous quittons le bureau en rangeant un peu le désordre. Nous poursuivons notre rencontre à l'hôtel, ce fameux hôtel près de la mairie... De toutes façons,  impossible pour nous de reprendre le volant avec tout ce champagne bu… Une nuit de découvertes, de confidences, de tendresse et.... de sexe... intense…

 

Épilogue

 

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Depuis cette première nuit, nous nous sommes revus trois ou quatre fois, clandestinement... J’adore lui faire l’amour… Elle n'est jamais lasse, toujours curieuse de nouvelles expériences. Elle a même invité une amie pour un moment tendre et mémorable dans un Relais et Château du Val de Loire... Elle m'a aussi prêté les clefs de sa maison dans l'arrière-pays niçois... Elle aime que je lui parle de mes rencontres... Elle me raconte aussi les siennes. Puis nous nous sommes un peu perdus de vue à l’approche des élections… Et pour cause...

Un an plus tard je reçois une lettre recommandée de la ville de Saint-Machin : Madame B., tout juste élue maire (en ayant habillement évincé l'ancien maire et son équipe) souhaite renégocier en personne un nouveau marché avec mon entreprise. Je dois dès aujourd'hui me rendre à la mairie, bureau du troisième étage, à… 22 heures précises ! Je dois venir avec une proposition de nouveau contrat et... du champagne !

Bon allons-y ! Fichu métier !

 

#LUI, 18/04/2014

(Remerciements à Michel Audiard et Georges Clemenceau pour les bons mots !...) 



06/12/2014
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