Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

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Les adieux (dernière rencontre de Elle et Lui)


Chapitre 1 : Lille, dimanche

 

14 heures : je me réveille. 

 

J'ai réussi à m'endormir vers 6 heures du matin, après un exaltant moment virtuel avec ELLE et son amie. Quel délicieux souvenir, quelles délicieuses femmes ! Je les enviais, tellement elles me paraissaient heureuses de faire l’amour entre elles. Surtout, grâce à ce moment chaud et intense, j'ai enfin réussi à dormir correctement, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps. En effet, depuis presque un mois, je ne vais pas bien. 

 

Après mon accident et mon retour de l'hôpital, un médecin m'avait dit que j'allais me rétablir en deux mois. Physiquement c'est vrai, je vais mieux : je marche sans peine et je n'ai plus de malaises. Mais mon moral a décliné, il est maintenant au plus bas. Je n'arrive presque plus à dormir. Et quand je dors, ce ne sont que des cauchemars et des angoisses. 

 

15 heures : je me force à sortir et me promène seul dans le centre-ville de Lille. Les rues sont peu remplies, normal c'est dimanche. Sur la Grand Place, les amoureux se donnent rendez-vous à la fontaine, les gens sortent des restaurants, les terrasses sont à moitié vides. Au cinéma, rien ne m'intéresse. Je passe devant une vitrine et y vois mon reflet : barbe de deux semaines, cheveux en bataille, air triste. Tant pis.

 

De retour chez moi, je constate que beaucoup de monde a tenté de me joindre, par tous les moyens possibles. MAIS LAISSEZ-MOI TRANQUILLE ! JE N'AI BESOIN DE PERSONNE.

 

Pourtant, un message attire mon attention. C'est ELLE, la seule personne que je prends encore la peine de lire :

 

« LUI, je m’inquiète beaucoup pour toi, si tu as un peu de temps, viens passer quelques jours chez moi, tu seras attendu ».

 

Pourquoi pas ? Je trouve un vol pour le vendredi suivant, avec retour prévu mercredi.

 

Je réponds à ELLE : « Merci à toi ELLE, j’arriverai vendredi ».

 

 


 Chapitre 2 : Montréal, le vendredi suivant

 

16 heures : ELLE est venue me chercher à l’aéroport. Ces retrouvailles sont juste courtoises ; ELLE me paraît distante. Pourtant j'ai fait l'effort de passer chez le coiffeur et de m'arranger un peu. Dans le taxi, ELLE m'annonce : 

 

« Tu ne pourras pas dormir chez moi, j'ai des travaux à la maison, mais je me suis permis de te prendre un hôtel ». 

 

Et quel hôtel ! L'Intercontinental, au centre de Montréal. Elle m'a loué une chambre appelée "Irrésistible" pour toute la durée de mon séjour. Elle est très luxueuse, avec une vue splendide sur le Saint-Laurent et l'île Notre Dame. Je suis très gêné qu’ELLE ait cassé sa tirelire pour me loger. 

 

17 heures : ELLE file chez l'esthéticienne, afin d'épiler ses « jambes de grizzli » et son minou « version coupe afro/disco », afin de me laisser m'installer. Elle me donne rendez-vous à 18 heures au bar de l'hôtel, le Sara B. Avec le voyage et le décalage horaire, je suis un peu fatigué (il est presque minuit en France), heureusement le mini-bar contient des boissons énergisantes. Une petite canette, une bonne douche et je me sens mieux. 

 

18 heures : pour la première fois de ma vie, je déguste une véritable absinthe. Alors qu'en France cette boisson est officiellement interdite, le Sara B. dispose de cinq parfums différents. C'est extrêmement fort par contre ! 

 

Avec ELLE nous évoquons d'abord mon accident, de mon séjour à l'hôpital à ma déprime actuelle. Elle m'écoute très attentivement, puis, pour la première fois que nous nous connaissons, une petite dispute éclate : 

 

« Pourquoi tu ne réponds pas aux messages de tes amies ? Tu sais que beaucoup d'entre elles m'écrivent et s’inquiètent ? Elles veulent t'aider. Et toi tu refuses ces mains tendues !

- Je sais, j'ai peur... Je n'ai pas envie qu'elles subissent mes états d’âme. Je ne peux pas leur infliger ça, ce n'est pas de leur faute.

- C'est ça... En fait tu as peur qu'elles te mettent la bague au doigt ? Mais tu es stupide. Pourquoi refuses-tu l'amour ? L'éventualité d'une relation stable ? D’avoir quelqu'un à tes côtés ? »

 

Je suis au bord des larmes, ça faisait longtemps. Je me sens bête parce qu'elle a raison. Elle finit par sourire et me prend les mains : 

 

« Allez viens maudit français, on va souper. Moi aussi j'ai quelque chose d'important à te dire. »

 

Nous quittons l'hôtel pour nous rendre au restaurant Le Jardin de Nelson. C'est à vingt minutes à pied, dans le Vieux Montréal. Nous passons devant l'imposante Basilique Notre-Dame et arrivons au restaurant. On se croirait effectivement dans un jardin : tout est fleuri à l'intérieur. J'apprécie beaucoup.

 

21h30 : nous avons très bien mangé. ELLE a choisi des lasagnes de saumon frais alors que je me suis laissé tenter par les « Côtes levées au Jack Daniel’s et sirop d’érable ». J'avais grand faim ! Après le dessert, ELLE commande un Cognac. Un silence s'installe, pesant.

 

Elle boit son verre d'un trait, puis commence à me parler :

 

«  Voilà... A partir de demain, je souhaite que nous cessions d'être amants ».

 

Le coup est rude. Elle poursuit :

 

« Il s'est passé tellement de choses depuis notre rencontre : j'ai connu des hommes charmants, j'ai découvert le goût des femmes, je t'ai eu toi et F. en même temps. J'ai joui de tous ces moments. Mais je suis fatiguée. »

 

Elle s'interrompt un instant et me regarde en souriant : 

 

« J'ai adoré être ton infidèle amante, je pouvais faire l'amour avec un autre homme, et toi tu adorais. Et quand je lisais tes aventures, je me caressais en pensant que j'étais l'une de tes maîtresses. Mais je me suis aperçue que vivre une relation à distance était devenu trop frustrant. J'aimerais t'avoir pour moi toute seule et ici, mais ce n'est pas possible. »

 

Une petite larme coule sur sa joue :

 

« Je veux un homme rien que pour moi, avec qui je peux envisager l'avenir, une vie commune, une maison, un chien ou deux. Et pourquoi pas, être fidèle à cet homme ».

 

C'est moi qui commande un digestif : un double Armagnac. Elle continue :

 

« Nous devons arrêter, car j'ai trouvé cet homme ».

 

Je manque de m'étouffer avec mon digestif. Nous éclatons de rire.

 

C'est moi qui parle à mon tour. Je me sens étrangement calme en disant ces mots : 

 

« ELLE, c'est moi qui te remercie. Avant toi je n'étais rien qu’un commercial préoccupé par sa carrière professionnelle. Tu m'as aidé à faire sortir ma sensualité, tu m'as appris à devenir un bon amant. Tu es la femme qui a apporté ce grain de folie qui manquait à ma vie. »

 

Je pose mes mains sur les siennes.

 

« Toi et moi, c’était une immense flamme qui était montée jusqu’au ciel. Mais maintenant le feu est presque éteint. Je ne veux pas te retenir, car je t'aime libre et sauvage... et heureuse ! »

 

Nous échangeons un baiser et sortons. L'alcool fort et la fatigue me mettent dans un état second. Nous repassons devant la Basilique Notre-Dame dont la cloche sonne 22 heures. Ma tête tourne.

 

« LUI, je veux que tu me fasses l'amour une dernière fois. » 

 


Chapitre 3 : Dans un univers parallèle (ou pas loin) 

 

La porte de la chambre d'hôtel est à peine fermée que je plaque ELLE contre le mur du sas d'entrée. Ma main gauche caresse sa chevelure et ma main droite ôte son gilet puis caresse sa poitrine. Ma délicatesse habituelle se change en sauvagerie : en un geste j'enlève sa robe, cette fameuse robe noire de notre première rencontre. ELLE est presque nue et apprécie ce moment fou.

 

Mais soudain, un vertige coupe mon élan. Je manque de tomber par terre. ELLE sourit et me conduit jusqu'à un petit fauteuil situé face au lit. 

 

Je bredouille : 

« Désolé, ça ne m'arrivait plus... L'alcool... Décalage horaire…

- Installe toi et profite mon chou. »

 

Je me ressers une canette énergisante et regarde ELLE s'allonger sur le lit face à moi. Elle commence à caresser sa poitrine nue. Délicatement, avec la pointe de ses doigts, elle fait durcir ses tétons. 

 

Ensuite, sa main droite descend lentement vers sa culotte mauve. Un petit regard vers moi, puis elle commence à masser son sexe, d'abord à travers sa lingerie, puis en plongeant sa main en dessous. Elle pousse des petits gémissements. De mon côté, je sens mon énergie remonter, mais je décide de jouir du spectacle. 

 

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ELLE finit par enlever sa culotte et continue à se caresser. C’est très beau à voir, mais également à entendre, tant elle semble prendre du plaisir. Ses doigts tournent doucement, stimulant son clitoris. Elle gémit encore, frôle une fois de plus sa poitrine, puis introduit un doigt dans son sexe. Elle se masse doucement devant moi pendant quelques minutes. C'est très sensuel. 

 

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J’ôte mes vêtements, car j'ai envie de son sexe tout de suite...

 

Je m'allonge près d'elle. Après un long baiser, ELLE monte sur moi, en posant sa belle croupe sur mon visage. Chacun notre tour, nous dégustons une dernière fois nos sexes. Le sien est toujours aussi délicieux, chaud, sucré... Elle est trempée et crie à chaque coup de langue. Puis elle prend mon sexe dans sa bouche et lentement, va et vient, me fait un bien fou. De nouveau, je reviens sur son sexe et ma langue s'enfonce en elle. Elle s'est redressée pour profiter pleinement de moi. Comme si ma langue était une verge, elle ondule doucement en caressant la pointe de ses seins. Quelques minutes passent et elle s'effondre sur moi, reprenant ma « vraie » verge dans sa bouche. Elle la lèche, la suce, la dévore... et finit par me faire jouir. 

 

Nous ne bougeons plus pendant quelques minutes, essoufflés. Je n'ai plus la force de parler. J'ai l'impression de m'endormir, quand un sursaut d’énergie me redonne vie d'un seul coup. Mon sexe durcit de nouveau. Toujours allongé sur le dos, je caresse les fesses d’ELLE. Elle s'avance et s'assoit sur ma verge tout en me tournant le dos. Elle est trempée dehors et dedans. Sur le mur de la chambre, nos silhouettes forment un spectacle d'ombres chinoises extrêmement érotique. 

 

Et arrive le bouquet final : elle se couche près de moi, puis m'invite à lui faire l'amour une dernière fois. Comme dans ce train de nuit en partance pour Nice, nous avons terminé notre histoire simplement, tendrement, ses bras et ses jambes m'enserrant. Ma bouche sur sa bouche, mon sexe dans le sien, je fais honneur à mon amante, une dernière fois. 

 

Ma tête tourne de nouveau...

 

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Je ne vois plus rien, mais les images d'ELLE envahissent mon esprit : son sourire, ses cheveux, sa voix, son corps, son parfum, son goût. Je revis en accéléré toutes nos rencontres, tous nos moments chauds et tendres. 

 

Vertige... Deux cris... C'est fini...

 

L'énergie qui m'habitait quelques minutes auparavant retombe brutalement. Je m'effondre à côté d’ELLE. Je ne peux plus bouger. Soudain la cloche de la Basilique Notre-Dame sonne. Il est minuit. 

 

ELLE se lève, me recouvre du drap et de la couverture, m'embrasse une dernière fois et se dirige vers la sortie de la chambre. Je n'ai plus la force de l'appeler, juste de lever mollement mon bras. Je voudrais qu'elle reste ! 

 

Elle se retourne et me sourit une dernière fois. Le douzième coup de minuit a sonné. C'est terminé, ELLE me quitte, nous avons terminé notre histoire. La tristesse m'envahit.

 

ELLE ouvre la porte...

 

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Au seuil de cette porte se tient une très belle femme aux cheveux courts. Elle est habillée d'un simple peignoir de soie. Elle et ELLE échangent un baiser. Puis la femme enlève son peignoir et le donne à ELLE. Elle est nue. Son corps est magnifique, désirable... J'entends la porte qui se ferme.

 

Elle s'approche de moi et s'assoit sur le lit. Je distingue ses cheveux bruns, avec de jolis reflets roux, son regard est vif, espiègle, un brin coquin ! Ses lèvres sont parfaitement bien dessinées, pas nécessairement charnues, mais certainement gourmandes... 


Elle me chuchote : « Je m'appelle la Nouvelle ELLE, fais-moi une place près de toi, j'ai froid... »

 

Elle soulève la couverture et s'allonge tout contre moi. Son parfum et sa douceur m'enveloppant... Je me sens bien, mais très fatigué... Nous nous endormons serrés l'un contre l'autre, tout simplement.

 

 


Épilogue : retour à Montréal, samedi

 

Je me réveille très tard, il est déjà midi. Je suis seul dans cette chambre, j'ai mal à la tête et aux cheveux. Il me faut trente minutes pour réellement émerger. 

 

De vagues souvenirs de ma soirée remontent tout doucement. D’abord ELLE qui est partie ; ce souvenir est net et me rend triste. Ensuite, tout devient confus : peut-être ai-je fait l’amour à ELLE, ou est-elle partie après notre dîner, notre souper, je ne sais plus comment on dit le repas du soir, je n'ai plus faim... Et cette autre femme ? Etait-elle réelle ? Ce visage que j’ai entraperçu me paraissait pourtant familier.

 

J'ai dû rêver en fait. D'ailleurs les cloches de la Basilique Notre-Dame ne sonnent pas la nuit, c'est connu ! 

 

Je me lève et prends une douche. En revenant dans ma chambre, je trouve une petite enveloppe blanche posée sur le bureau. Sur cette enveloppe est écrit :

 

 

« Si tu veux me revoir...

 

 

Nouvelle ELLE ».

 

Je souris et... j'ouvre l'enveloppe... 


 Postface

 

 La nouvelle Elle viendra bientôt vous raconter ici notre première rencontre. 

Quant à ELLE, elle vous a laissé un message

 

#Lui, le 26/09/2014 

Corrections par Ozalide.net



26/09/2014
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