Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

Week-end Breton (partie 1)

Prologue : Elle s'appelait L.

L. et moi étions élèves dans la même classe, dans un lycée (1) d'une petite ville du nord-est de la France.

Elle était la plus belle fille du lycée. Les garçons se battaient pour sortir avec elle, avec plus ou moins de succès. Elle faisait tourner des têtes et fréquentait les plus beaux garçons.

Quant à moi, j'étais le premier de la classe, un élève studieux mais timide et réservé. On me disait souvent que j'étais trop sérieux, pas cool, pas beau. On ne m'invitait jamais aux fêtes, sûrement parce qu'on m'imaginait travaillant tout le temps, samedi soir compris. En fait je m'ennuyais beaucoup.

Pour L. j'étais probablement transparent. Mais moi aussi je la trouvais belle, désirable, bien qu'un peu superficielle à mon goût. Je ne crois pas lui avoir adressé la parole durant les sept premiers mois de l’année scolaire. Puis les choses avaient changé début mai, juste après les dernières vacances...

L., cette fille si inaccessible, était venue me voir discrètement après la sortie des cours. Quelle émotion pour moi, j'étais incapable de lui parler dans un premier temps. Elle m'avait dit que ses parents lui avaient mis beaucoup de pression à propos de ses résultats scolaires, alors que le baccalauréat (2) était tout proche. Selon elle, ses amis allaient la faire échouer. Spontanément, je lui avais proposé de réviser avec elle pendant les deux mois restants. Nous avons donc travaillé ensemble chaque jour de la semaine et les samedis. Travaillé... et rien d’autre ! J’étais juste heureux d’être avec elle. En faisant sa connaissance, j'avais découvert une jeune femme très intéressante et intelligente. Elle me plaisait beaucoup, mais je n'osais pas le lui dire. Et est-ce qu’elle s’intéressait à moi d’ailleurs ? Impossible...

L'examen final s'est déroulé fin juin. Puis une longue période de stress a commencé dans l'attente des résultats, période où nous ne nous sommes pas vus.

Je me souviens du jour où, en découvrant son nom sur la liste des reçus, elle s'était précipitée vers moi pour un baiser qui m'avait surpris. Mais ce baiser était resté unique, car elle était partie en vacances le soir-même avec ses parents, sans avoir le temps de fêter cette bonne nouvelle. De plus, nous nous sommes immédiatement perdus de vue, car nous avons fait nos études supérieures dans deux villes séparées de mille kilomètres, elle dans le sud de la France, moi dans le Nord. A l'époque, le téléphone portable était un produit de luxe et l'e-mail était encore très peu répandu.

Petit à petit j'ai essayé de chasser L. de mon esprit car, quand je pensais à elle, elle avait toujours ce goût amer des occasions manquées. Ce regret de n'avoir rien tenté à cause de ma timidité et du manque de confiance en moi me rongeait. Pourquoi n'avais-je pas osé ?... Ma vie aurait peut-être été différente.

Et le temps est passé...

Quinze ans plus tard, une certaine @lumierebretonne est venue me suivre sur un réseau social. Au début, nos échanges ont été courtois, puis ils sont vite devenus amicaux. Les confidences et des secrets sont arrivés dans nos conversations. Elle avait travaillé pendant huit ans dans la communication avant de devenir artiste peintre ; elle vivait en Bretagne avec son compagnon, un chercheur dans le domaine des maladies rares, qu’elle l'aimait beaucoup. Mais leur vie de couple manquait de quelque chose : de folie, d’imprévus, mais surtout d'un enfant dont l'arrivée tardait. Nous passions des soirées entières sur les messageries instantanées lorsqu’elle et moi nous sentions seuls, devenant virtuellement très intimes. Jamais je n’avais vu son visage, mais jamais je ne lui avais réclamé de photo.

Cette relation a duré trois ou quatre mois. Mais un soir où @lumierebretonne était particulièrement triste, elle a fini par m'avouer qu'elle était L. Elle m’avait reconnu depuis plusieurs semaines mais avait préféré rester anonyme pour ne pas me déstabiliser. Ce en quoi elle n’a pas eu tort !... Ce soir-là, derrière mon téléphone, j’ai versé quelques larmes...

Après quelques semaines, nous avions décidé de nous rencontrer chez elle et son compagnon, dans un petit village breton qui avait inspiré tant de peintres, au cours d'un long week-end du mois de mai. Je devais arriver le vendredi soir, puis les conduire à Paris le lundi matin, d'où ils devaient prendre un vol pour l'Australie et y demeurer durant six mois. Monsieur avait obtenu une bourse pour ses recherches.

Le week-end a été mémorable... 

Chapitre 1 : derrière le mur

J’arrive le vendredi vers 23 heures. Les retrouvailles avec L. sont chaleureuses, elle est toujours aussi belle : grande, brune avec de jolis yeux noisette. Elle a toujours ce regard magnifique bien qu'un peu triste, les années l'ont embellie. Par contre Monsieur semble un peu plus distant et pas très enthousiaste. Ils me servent une collation, nous évoquons le programme de ces deux jours à venir, puis je file me coucher, exténué par une semaine chargée. Le week-end s’annonce estival. Je suis très heureux de retrouver mon amie.

Samedi 9h30 : je me réveille. La maison est silencieuse. Je trouve un mot sur la table :

"Coucou Lui,
Ma sœur vient d'accoucher avec un mois d'avance d'une jolie petite fille. Nous sommes partis pour Bordeaux ce matin très tôt pour aller la voir, nous reviendrons ce soir ou dimanche. Je suis désolée mais j'espère que tu comprendras.
Je pense que tu sauras t'occuper...
L."

Dans un premier temps je suis extrêmement déçu, j'ai presque envie de partir. Mais très vite je repense à leur départ imminent pour l’Australie. Il est naturel que mon amie aille voir sa petite nièce, elle qui adore les enfants.

Je prends une douche et je file au village voisin. J'achète de quoi manger et me renseigne sur les chemins de randonnée. J'ai envie de grand air. Ensuite, je pourrai éventuellement passer la soirée chez des amis qui habitent à cinquante kilomètres. Tout va bien...

Vers midi je reçois une photo de L. avec un minuscule bébé dans ses bras. Le sourire de mon amie est radieux. Elle ne peut revenir ce soir car un dîner de famille a été organisé.

Au début de l’après-midi, je pars me promener. Après trente minutes de marche, j'arrive à côté d'une petite maison isolée. Je m'arrête près d'un mur de pierre qui borde la maison pour me rafraîchir un peu. La campagne est silencieuse...

"- mmmmmmmmh !"

Un gémissement semble venir de derrière le mur.

"- oooooohhhhhh !"

J’ai l’impression qu’une femme derrière ce mur prend du plaisir.

"- oooh !"

Le mur n'est pas très haut, je l'escalade. Ce que je vois est très beau : allongée sur un transat, une belle femme aux cheveux noirs, portant un maillot de bain deux pièces violet, est en train de caresser son sexe en lisant... un recueil de poésies, visiblement érotiques. Elle tient le livre d'une main, l'autre main étant plongée sous son maillot. Excitant...

Cela me donne des idées... J'ai toujours sur moi mon téléphone où j'écris de temps en temps mes propres poésies. Profitant d'un interstice dans le mur, je commence à lire un texte...


 


A fin de ma lecture, un silence s'installe... Puis j'entends un nouveau gémissement, presque orgasmique. Je souris, puis je reprends ma randonnée ; je marche une trentaine de mètres, quand je sens une main sur mon épaule. Je me retourne : la femme aux cheveux noirs, juste vêtue d'un paréo, m'a rattrapé. J'ai à peine le temps de la dévisager qu'elle m'embrasse déjà, langoureusement. Puis elle me prend par la main et me fait entrer chez elle, directement dans le jardin.

Elle s'allonge sur sa chaise longue. Je m'agenouille près d'elle et commence à caresser ses longues jambes. Je lui murmure des mots qui me viennent à l'esprit... Ma main droite parcourt son corps et frôle son entrejambe, son maillot de bain est trempé ! Mais je veux qu'elle jouisse uniquement grâce à mes mains sur sa peau. J'ai l'impression de lui faire découvrir que son corps peut être une source de plaisir. Elle gémit, se cambre, se mord les lèvres...

Elle finit par enlever son maillot et commence à se caresser, tandis que ma main continue ses allées et venues. Elle s'agrippe à mon cou pour que je bascule vers elle. Ma chemise est déjà ouverte, je me suis débarrassé de mes chaussures, de mon pantalon et... du reste. Nous sommes nus, enlacés sur cette chaise longue, sous le soleil breton, avec une envie irrépressible de faire l'amour sans même nous connaître.

Notre première fois est intense : assise sur moi, elle semble prise d'une sorte de transe, comme si elle n'avait jamais été aussi excitée. Elle me plaque contre la chaise longue et s'empale sur mon sexe. C'est un véritable ouragan qui s'abat sur moi, ne me laissant pas reprendre mon souffle. Elle jouit en se mordant le doigt, pour éviter de crier trop fort. De mon côté, j'ai pris beaucoup de plaisir à en donner... et j'avoue être allé un peu trop vite pour conclure. Mais c'était juste suffisant...

"- Bonjour, je m'appelle LUI... Merci pour votre accueil !".

Nous éclatons de rire.

"- Je m'appelle Madame R., et je n'ai pas joui aussi fort depuis longtemps. Vos mots sont arrivés au bon moment. Je prends souvent du plaisir en lisant de la poésie, mais là...".

Son jardin est très joli, fermé sur l'extérieur par un mur qui en fait le tour, c'est très intime. Elle possède de magnifiques roses pourpre foncé. Mais j'ai l'impression que ce jardin est aussi occupé par des enfants car quelques jouets traînent.

Elle me rassure :

"- Ne craignez rien, mes enfants sont chez leur mamie tout le week-end. Quant à mon ex-mari, qu'il aille se faire foutre !".

Nous nous embrassons longuement.

"- Si vous n'avez rien de prévu ce soir, voudriez-vous rester manger du homard avec moi ?
- Volontiers, mais si je puis me permettre... j'ai terriblement envie de vous".

Nous avons terminé l'après-midi dans sa chambre, d'abord calmement et finalement comme deux bêtes...

Le homard était juste parfait. Et la nuit qui a suivi également...

 

A suivre dans "Week-end Breton (partie 2)"


#Lui, le 05/12/2014

Corrections par Ozalide.net

 

Notes pour mes lecteurs québécois

(1) : En France, le lycée est l'équivalent du CEGEP.
(2) : Le baccalauréat est le diplôme de fin d’études secondaires, équivalent du DES, que l’on passe généralement vers 17-18 ans. 



06/12/2014
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