Elle & Lui, entre les deux... l'Atlantique.

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Week-end Breton (partie 2)

Suite du "Week-end Breton (partie 1)"

 

Chapitre 2 : l'aveu

 

L. et Monsieur sont revenus dimanche en début d'après-midi. L. avait un grand sourire et plein de mots sur sa petite nièce. De mon côté, j'ai passé sous silence mon aventure avec madame R., je ne souhaite pas effrayer Monsieur. D'ailleurs, je perçois comme une tension entre eux deux, il paraît fatigué et un peu agacé. 

 

Nous décidons d'aller faire une petite promenade en mer sur leur voilier, leur dernière avant longtemps. Le malaise que j'ai ressenti se confirme : ils n'échangent que quelques mots. De retour au port, nous lavons le voilier à grandes eaux et l'amarrons solidement.

 

Puis nous allons dîner dans un restaurant près du port. L'atmosphère se détend quand L. et moi nous remémorons nos années lycée. Monsieur est un peu exclu de la conversation mais nous écoute en souriant. Toutefois, il finit par bailler. Il nous dit qu'il est épuisé par la route qu'il a dû faire pendant que L. dormait. 

 

De retour à la maison, Monsieur s'excuse et file se coucher. Je suis enfin seul avec L. J’attends ce moment depuis quinze ans et d’un coup je me sens très nerveux. Nous nous asseyons dans le grand fauteuil du salon, avec un verre de chouchen qui nous permet de nous détendre. Nous nous contemplons en silence pendant une minute, puis éclatons de rire.

 

Elle commence à parler :

 

"- Tu te souviens, juste avant les vacances de Pâques, de ton exposé d'histoire sur Pierre Mendès France ?

- Un peu, j’adorais l’histoire… Pourquoi tu me parles de ça ?

- Ce jour-là tu avais parlé devant toute la classe. Tout le monde se foutait de toi, car on s'en fichait de l'histoire. Mais tu étais resté stoïque, plus calme que le prof, et tu avais fini par captiver l'attention. Et moi j’avais fini par être suspendue à tes lèvres... Tu m'avais fait de l'effet. 

- Je ne l'avais pas remarqué. Faut dire que j'étais dans mon truc.

- Oui, même le prof était bluffé. Quand je suis venue te voir pour réviser, je ne voulais pas seulement réussir mon bac, je voulais aussi me rapprocher de toi. Mais toi tu ne l'as pas compris…".

 

J’ai l’impression de recevoir un coup dans l’estomac. Je n’arrive plus à soutenir son regard, j’ai presque honte. Je finis par bafouiller : 

 

"- A l'époque je pensais que toi, la plus belle fille du lycée, ne s'intéresserait pas à moi. Les filles en général ne s’intéressaient pas à moi… Alors toi, tu me paraissais juste inaccessible".

 

Elle poursuit : 

 

"- Lui... Quand on s'est quitté après les résultats du Bac, j'étais en train de tomber amoureuse, malgré ton indifférence. Mes parents n'ont pas voulu perdre de temps et m'ont obligée à partir en vacances. J'ai pleuré dans cette voiture alors que j'aurais dû être heureuse d'avoir réussi."

 

Mes yeux trahissent aussi mon émotion : 

 

"- Lui, j'ai voulu t'oublier... J'ai réussi à le faire pendant quinze ans. Et un soir où Monsieur était en voyage, ton image m'est revenue en tête. Tu me manquais, je voulais te revoir. Alors j'ai commencé à te chercher sur les réseaux sociaux. J'ai fini par retrouver tous nos anciens camarades de lycée. Tu sais que quasiment aucun n'a quitté la région ? Ils sont devenus cons, chacun avec une petite vie bien rangée, mais les mecs m'ont fait des propositions bien salaces."

 

Rires... Elle continue :

 

"- Pour toi j'ai eu beaucoup plus de mal, tu as coupé les ponts ?

- Oui, les années lycée ont été très pénibles pour moi, que de mauvais souvenirs, je n'ai plus aucun contact avec notre ancienne ville. 

- Quand j'ai refait ta connaissance, je t'ai observé longtemps avant de te dire qui j'étais. Tu as changé, tu as appris à parler aux femmes."

 

Elle se blottit contre moi.

 

"- Lui... je crois que ça recommence, à force de parler avec toi, je me rends compte que c'est toi qui devrais être avec moi."

 

Elle se tourne vers moi et m'embrasse, mais j'ai un mouvement de recul. Calmement, je lui parle de moi, de cette blessure secrète qui pèse à jamais sur ma vie : 

 

"- J'avais une vie normale, une femme, une petite fille, une maison. Tout pour être heureux. Mais un jour, ma femme est partie à l'étranger avec ma fille, sans me prévenir, dans une espèce de communauté religieuse. Je n'ai plus de nouvelles et surtout je n'ai plus le droit de voir ma fille...

- Pourquoi ?

- Une décision de justice de ce pays qui protège cette communauté. 

- Mais c'est monstrueux ! 

- Oui... Tu vois pourquoi je suis souvent triste ? Je n'en veux pas aux femmes, mais je ne veux plus m'engager, je veux rester libre pour ne plus vivre de rupture. Et puis il me reste cet espoir de retrouver un jour cette petite fille qui ne sait même plus que son papa existe, je veux être disponible pour elle, rien que pour elle. Donc non L., pour toi et moi il est trop tard... Je suis désolé."

 

Dans son regard, je lis beaucoup de tristesse et de déception. Nous nous étreignons et allons rejoindre nos chambres. Demain il faut partir, déjà...

 

Chapitre 3 : et...

 

Il est une heure du matin. Je suis allongé sur mon lit, juste vêtu d'un caleçon. Cette discussion m'a remué, je n'arrive pas à dormir. Pourquoi est-il trop tard ? Pourquoi ne pas avoir osé ? 

 

Brusquement, la porte de ma chambre s'ouvre : L. apparaît, habillée d'une chemise de nuit. Elle ferme doucement la porte et monte sur le lit. Je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit, elle est déjà près de moi et m'embrasse avec une telle ardeur, une telle conviction, qu'il est impossible de résister ! L., la plus belle fille du lycée, est dans mon lit.

 

Sa chemise de nuit est déjà à terre. Sa poitrine est magnifique et exquise, gonflée par le désir. Sa peau est très douce et embaume l'odeur de cette rose que j'aime tant. Je prends L. dans mes bras et la couvre de baisers. Nos deux bouches finissent par se rencontrer, enfin. Notre baiser a dû durer plusieurs minutes, impossible de desceller nos lèvres. Les siennes sont particulièrement douces et délicieuses.

 

Tout en dégustant mes caresses, L. tend ses mains vers la table de nuit et sort d'un tiroir un préservatif, puis en habille ma verge. Elle se blottit contre moi en me tournant le dos, je l'entoure de nouveau de mes bras... et la pénètre doucement. Je frissonne comme jamais je n'ai frissonné dans ces moments-là, j'ai l'impression de réaliser un rêve impossible. L. murmure de plaisir... Mes gestes sont très doux, lents et amples. Elle se contracte, rendant mes propres sensations encore plus agréables... Doucement sa chaleur monte. Tout se passe dans nos têtes.

 

Puis elle pivote vers moi, caressant mes joues et m'offrant un sourire que je ne connaissais pas encore. Elle m'invite de nouveau à lui faire l'amour, face à face... Nous ne sommes pas là pour faire des acrobaties, mais pour savourer cet instant... Et pourtant, notre plaisir est déjà à son paroxysme, notre complicité paraissant tellement naturelle. Le rythme s'accélère, nous amenant au bord de l'extase....

 

Je ressens soudain une pression sur mon épaule...

 

En me retournant, j'aperçois Monsieur, que j'avais complément oublié. Alors que je m'attends à une réaction vive de sa part, il est étonnamment souriant. Je ne comprends plus rien, mon élan a été brisé. Je m'allonge à côté de L., Monsieur s'allonge de l'autre côté. Elle nous embrasse chacun à notre tour, puis s'abandonne dans les bras de son compagnon, tout en caressant mon sexe. Monsieur commence à lui faire l'amour, elle est tellement excitée qu'elle pousse un cri qui semble le surprendre. Et, pendant quelques minutes, nous partageons un moment fort, lui en elle, elle me caressant, moi embrassant L.

 

Monsieur finit par craquer en premier. Chose amusante, je n'avais jamais vu le visage d'un homme qui jouissait. Mon propre orgasme est aussi bruyant. L. a été doublement comblée. Nous nous endormons tous les trois, terrassés par le plaisir et aussi la fatigue.

 

Chapitre 4 : par amour…

 

Le lendemain matin, la pluie est venue nous rappeler que le week-end était fini. Nous nous réveillons vers 8 heures. L. et moi échangeons un dernier baiser alors que Monsieur dort encore. Puis nous nous levons, car il est temps de se préparer, leur avion décolle de Paris en fin d’après-midi.

 

En attendant que L. prenne sa douche, Monsieur vient enfin me parler : 

 

"- Je pensais partir seul pour l’Australie aujourd’hui. Je suis vraiment heureux qu’elle m’accompagne finalement. 

- Je voudrais comprendre ce qui se passe entre vous.

- Il y a plusieurs mois, notre vie amoureuse est devenue très tendue. Cette envie d’enfant avait fait disparaître le plaisir, tout était devenu mécanique. Et un soir, j’ai trompé L. avec une femme rencontrée lors d’un colloque. Cette relation a duré plusieurs semaines mais j’ai fini par me faire surprendre. L. ne m’a pas quitté mais s’est tournée vers les réseaux sociaux, comme une échappatoire à sa vie. Lorsqu’elle t’a retrouvé, ta présence est devenue tellement réelle dans notre couple… Elle ne me parlait plus beaucoup, elle semblait avoir trouvé en toi plus qu’un confident.

- Je suis désolé…

- Ce n’est rien, en un sens je l’avais mérité. J’avais accepté que tu viennes ce week-end et je m’étais préparé à ce que L. me quitte. Je préférais la voir heureuse avec un autre que malheureuse avec moi."

 

Je manque de m’étouffer avec mon café. Il continue :

 

"L’accouchement de sa sœur a tout accéléré. Nous avons quasiment rompu durant le trajet retour, c’est pour ça que je m’étais effacé hier soir. Lorsqu'elle est revenue dans la chambre, elle a beaucoup pleuré. Elle m’a parlé de votre conversation, de ton refus de partir avec elle. Et c'est moi-même qui lui ai dit de te rejoindre, juste pour fermer ce chapitre."

 

Et dire que je le trouvais effacé, voire même un peu rigide... 

 

"- Toi tu es un mec haut de gamme. J'espère que vous allez être heureux..."

 

Leur avion est parti à l'heure...

 

EPILOGUE

 

Un an plus tard, je suis de retour chez mes amis. Cette fois-ci, je suis invité pendant une semaine, j’ai du temps désormais. Dans cette maison, quelque chose a changé : un petit garçon est né il y a trois mois, il porte mon prénom et je suis son parrain. Lorsqu'il m'a vu, il est parti dans un grand éclat de rire, son tout premier. Ce petit bonhomme a été conçu, L. en est convaincue, durant cette nuit d'il y a un an. Mais c’est bien Monsieur le père et j'en suis très heureux.

 

Je suis venu signer un acte officiel qui fait de moi son tuteur légal en cas de disparition de ses parents. Ses parents me l'ont même confié pendant deux jours, je voulais qu'ils redonnent vie à leur voilier et qu'ils se fassent du bien. Quant à moi, ces deux jours en tête-à-tête avec ce petit gars m'ont fait un bien fou. Et j'avoue qu'il m'a involontairement aidé à... Chut c'est un secret !

 

#Lui, le 05/12/2014

Corrections par Ozalide.net



06/12/2014
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